Archive du mars, 2008
Quand je parle de vidéo de qualité, certains confondent avec vidéo dispendieuse à réaliser. J’ai ici un bel exemple qu’une vidéo peut-être formidable sans demander un gros investissement. Ici c’est le talent de Taalam Acey qui porte la vidéo. Acey pratique cet art poétique que les anglo-saxons appellent « Spoken word », qui se traduit littéralement par « mot parlé ». Je ne saurais assez souligner la puissance de ce concept d’une simplicité désarmante. Dire la poésie plutôt que de la chanter, plutôt que de la lire, dire, tout simplement.
Certainement, ceux qui ne parlent pas anglais auront une certaine difficulté avec ce texte dense. Reste qu’il y a dans le parlé, dans le dire toute une musicalité.
Taalam Acey dénonce les paradoxes d’une industrie musicale qui persiste à présenter une image péjorative des noirs américains. Il s’attaque directement aux artistes noirs qui participent à cette parodie humiliante. Tous ceux qui cherchent à se faire une image vidéo éditoriale sur Internet devraient se trouver une voix chargée de sens, d’émotion et de poésie pour donner de la force à leur argument. Évidemment, Acey, fait partie de la crème du spoken word, mais qui cherche sa voix la trouve!
C’est pas parce que le printemps et Pâques arrivent en même temps qu’il faut s’enthousiasmer. Pour vous aider à rester morose, voici une vidéo d’horreur de Pâques.
Encore de l’absurde. Visiblement, c’est le thème de la semaine sur Vidéo Qualia.
Chocolate Bunny est un film de Sander Plug.
Joyeuse Pâques!!!
Voici un film minute pour mettre un sourire sur votre visage en ce frisquet vendredi de printemps.
Un film minute c’est une idée, un film. Pourquoi pas? Qu’est-ce qui force les cinéastes à nous déblatérer leur message sur deux heures? Vivement la simplicité.
Pemba est une création de Pascal Colson.
Depuis quelques siècles, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, celle des idées. Une innovation technologique est à la base de ce renversement de civilisation : l’imprimerie. Les religieux de l’époque jugèrent diabolique cette invention. Le livre était un agent qui contaminait les esprits. De fait, deux siècles plus tard, le livre cause une grande épidémie intellectuelle: Les Lumières ou l’émergence d’une pensée rationnelle de masse.
Cultiver des idées, penser, créer sont devenus les moteurs d’une nouvelle civilisation, d’une nouvelle ère de l’humanité: les temps moderne. Il n’est pas étonnant que cette civilisation se soit dotée d’Internet, l’outil ultime pour échanger des idées. La qualité des idées laissent souvent à désirer: sornettes autour de conspiration extra-terrestre, résurrection de propagande antisémite, endoctrinement religieux. Pour qui sait réfléchir et faire preuve de discernement, sous le fumier on trouve les pépites d’or comme le site de TED.
TED est un organisme international qui organise une conférence annuelle où les plus grands penseurs sont invités à présenter le discours de leur vie. Parmi les invités célèbres, le TED compte: Isabel Alelende, Bono, Jane Goodall, Al Gore, Bill Clinton et Philippe Starck.
Je vous présente deux vidéos de TED que j’ai trouvées particulièrement intéressantes.
D’abord, un discours livré par Richard Dawkins qui motive l’intelligentsia américaine à revendiquer l’athéisme et à débouter le religieux.
Cette seconde vidéo nous fait découvrir une espèce de singe avec laquelle des chercheurs ont établi un lien social et culturel qui remet en question tout le rapport que nous devrions avoir avec les animaux. Fascinant!
Côté qualité, ces vidéos laissent à désirer. On aimerait un meilleur soucis esthétique à la caméra, un mixage sonore adéquat et potentiellement un habillage graphique plus pertinent. Comme le contenu des discours est concis et percutant, on évite les longueurs et détails nuisibles à l’intérêt de l’auditeur.
Les accros d’idées originales, de vulgarisation scientifique, de philosophie, de réflexion artistique, vont trouver sur TED.com le ravitaillement pour satisfaire leur concupiscence intellectuelle.
J’ai commencé ce blogue dans le but avoué de découvrir le meilleur de la vidéo disponible sur Internet. Aujourd’hui, je vous présente un truc trop original qui va certainement faire parti de mon top dix de l’année. Ne me conseiller pas d’aller faire une évaluation psychiatrique. C’est une folie salutaire que d’aimer des films comme celui-là!
Pour ceux dont le cerveau fonctionne normalement et qui se demandent: « ké cé ça? », il s’agit de la bande annonce pour une conférence sur le design de Munich 2008 présenté par Toca Me. Réalisé par Dvein.
Nowheremen se présente sous l’angle d’une websérie d’anticipation. Un jeune homme disparaît le jour de sa graduation. Il se retrouve emprisonné dans un endroit qui ressemble aux entrailles d’un centre de recherche ou d’espionnage post-moderne. Ce n’est pourtant pas vraiment à une expérience narrative que nous convient les auteurs de ce nouvel opus Internet vidéo.
Disons d’abord que les vidéos diffusées sont fort bien réalisées. La direction photo est notamment impeccable. Le jeu des comédiens est professionnel quoique certains ont une tendance à surjouer. Il y a aussi un très beau travail au niveau de la trame sonore. Bref, la table est mise, l’ambiance est là.
Une autre particularité de Nowheremen, c’est l’espace réservé à une communauté d’Internautes visiblement passionnés par l’expérience proposée. Les fans ont un forum de discussion ainsi que des groupes et ils peuvent contribuer au site avec leurs propres vidéos.
Je reste cependant sceptique quant aux chances de succès de cette websérie. Après quelques visites éclaires je n’ai toujours pas bien compris le but de l’exercice. Il semble que ce soit avant tout un jeu composé d’indices – si je me fie à ce qu’en dit wikipedia. Les vidéos ne servent pas une ligne narrative précise et on ne sait jamais ce que l’on doit en déduire exactement.
Un projet Internet, quel qu’il soit, doit accrocher le visiteur de manière la simple. L’internaute doit comprendre ce qu’il trouvera, ce qu’il fera ou ce qu’il expérimentera sur un site. La complexité ne doit pas générer pour autant de la confusion. Il manque une page d’introduction, une notice explicative du jeu et de la manière d’y participer.
Reste que Nowheremen propose une approche très Internet qui me plaît. Les auteurs travaillent de manière à faire participer une communauté virtuelle qui se construit autour du concept. Ça ressemble beaucoup à ce que je préconise comme vidéo spécifique à l’Internet. Il faudra potentiellement clarifier la sauce.
À suivre…








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