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Archive du février, 2008


Je suis tombée sur ce site (en anglais) qui complète bien mon commentaire au sujet de la propagande et de l’évolution de l’information sur Internet. Vous y trouverez un portrait pertinent de la dynamique de l’information d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

J’ajouterai une parenthèse concernant une certaine philosophie très à la mode dans la cyberculture. Si on crée un environnement qui facilite la collaboration d’un grand nombre de personnes issues de milieux différents, ce qui implique autant des experts que des amateurs, on obtiendra de cette collaboration un résultat supérieur. Selon cette hypothèse, une forme de sélection naturelle génèrera le meilleur. C’est sur ce principe que le Open Source fonctionne et ça a donné des résultats probants pour l’élaboration de plusieurs logiciels. Wikipédia est aussi le fruit d’une telle collaboration. Notez que des guerres idéologiques sévissent dans les pages de discussion de Wikipédia. Exposer ces divergences est une des forces de ce site d’information. On est ici dans un cas d’information qui prend une forme organique, toujours en mutation au gré des différents collaborateurs.

Cette théorie séduisante a une grosse faille en ce qui trait à l’information. La sélection naturelle favorise les organismes les plus adaptés à leur environnement, ce qu’on a appelé bêtement les plus forts. Quand il est questions d’information, comment se définit une information adaptée à son environnement? Une information qui séduit? Qui provoque? Qui rassure? Qui scandalise? Qui fait le spectacle?

Pour autant, est-ce favorable de laisser l’information entre les mains de consortiums aux services d’actionnaires ou de groupes d’intérêt? Il semble y avoir unanimité que le modèle mass-media, typique au XXème siècle, est complètement dépassé. D’autres voudraient peut-être qu’on nomme un panel d’experts qui jugerait de la pertinence d’une information. Cette suggestion est intuitivement ridicule. Les experts ont démontré une propension à l’erreur. Aussi, ce qui défini une expertise valide varie selon le point de vu. Qui osera dire à une population indienne qu’il ne serait pas pertinent qu’un astrologue soit sur ce panel? On en revient immanquablement à ce nouveau modèle organique, dont on ne sait pas encore s’il aboutira à une fleur sublime ou à une plante carnivore impitoyable.

Barak Obama, le futur président des États-Unis a très bien compris les rouages de la cyber-information. Grâce à ça, il va gagner. J’en suis convaincue. J’écoutais sur Youtube un de ses discours. Il expliquait que son financement venait de la base, un financement qu’il a levé en majorité via Internet. Il se dissociait totalement de tout consortium ou groupes d’intérêt privés. Il y a encore trois ans, sa position aurait été risible. Ça aurait rappeler les discours sympathiques de candidats très gauches. Aujourd’hui, il peut réellement revendiquer ce pouvoir de rejoindre chaque Américain sans l’intermédiaire des consortiums. Il utilise judicieusement le modèle granulaire d’Internet. Son image, il l’a construit pour Youtube et Google news.

Je reste raisonnablement inquiète du futur de la qualité de l’information sur le Net. Une information organique devient vulnérables aux parasites, microbes et virus. Il lui faut un système immunitaire.

20 février 2008


Je fais le relais de l’info trouvée sur le site de Dominic Arpin. L’agence Provokat propose une manière original de promouvoir Madame Tutli-Putli, un court d’animation de l’ONF en nomination aux Oscars. Elle propose aux Internautes de « dévérouiller » le film image par image. Si nous sommes assez nombreux à visiter ce lien, soit 24 838, le nombre d’images du film, la CBC s’engage à le diffuser gratuitement sur son site le 22 février.

Dépêchez vous, c’est le dernier jour.

20 février 2008

Faire des fresques historiques, trop cher pour une production Internet? Trois concepteurs graphiques nous donnent une petite leçon à ce sujet.

Quatre jours de tournage, trois figurants et une bonne maîtrise de quelques logiciels. Résultat: on croirait voir le vrai débarquement de Normandie! Regardez le film jusqu’au bout.

Bon, l’histoire ne dit pas combien de temps les gars ont passé devant leurs ordinateurs, mais on reste certainement très en deçà des coûts associés au tournage traditionnel d’une scène de guerre.

Donc, pour votre prochaine série Internet, pensez grand, pensez fantastique, science-fiction… Surtout, pensez à vous trouver de bons concepteurs graphiques… un métier d’avenir, je prédis.

19 février 2008


Ce lien ne conviendrait pas à un public au subconscient trop immature pour apprécier un film de David Lynch…

Pour les autres, amusez-vous dans ce Kubikfoto, un délire qui oscille entre l’étrange et le grotesque. Cette photographie interactive nous révèle d’un clic à l’autre des détails d’une scène en 3 dimensions. Bien qu’on ne soit pas explicitement devant de l’image ne mouvement, je trouve ce site plus pertinent à mon blogue que bien des vidéos diffusées sur Youtube ou Dailymotion, sans compter que ce canevas pourrait aussi bien intégrer des extraits vidéos.

Je m’étonne beaucoup de voir la vidéo sur le web se construire en vase clos, recroquevillée dans des sites de partage vidéo ou enfermée dans des Web-TV. Pourquoi est-ce que ces vidéos qui se libèrent du cadre (comme le suggérais Peter Greenaway) ne deviennent pas la coqueluche d’Internet?

C’est au niveau de la narration que le bas blesse. Les vidéos sur Youtube qui gagnent une traction virale se racontent. Ce Kukikphoto installe une ambiance de l’étrange mais n’offre aucune issue narrative. Le cerveau de l’Internaute moyen cherche à se détendre et la détente passe par l’abandon dans une histoire à laquelle son inconscient ou subconscient s’identifie. Bref, je dirais, l’Internet vidéo est en quête d’auteurs.

18 février 2008


Pour clore ma semaine très portée sur les arts, je vous propose de visionner Plantage, une animation flash assez délirante. Ça rappelle un brin les Pitatous.

Ce film est une création d’Anamita design. Pour les amateurs de jeux vidéo, vous trouverez sur leur site une très belle animation interactive qui rappelle les jeux vidéo de stratégie.

16 février 2008

Je visionnais une vidéo de GreenTV sur l’épuisement des stocks de poissons (Jellyfish Invade the Mediterranean). J’ai soudainement réalisé qu’il s’agissait d’une vidéo de propagande. Une sympathique propagande, mais une propagande toujours. On trace le portrait d’une réalité sans supporter les faits par des sources crédibles. Les experts de la question sont issus de groupes d’intérêts. Ensuite, on propose une solution à la crise: la consommation responsable. Aucune réflexion sur les alternatives. Aucune réflexion en fait, c’est comme si Dieu nous parlait. Ça irait si c’était une publicité, mais c’est un reportage sur une télévision Internet, un web reportage.

Pas besoin de dire que les règles élémentaires du journaliste… Internet y connaît pas.

Ça m’amène à une réflexion sur le discernement. Jamais on n’a eu si facilement accès à de l’information. La grande question est : quelle sorte information? Wikipedia tient lieu de référence. Les blogues font les nouvelles. Youtube et les autres regorgent de vidéos documentaires. Personne ne pose la véritable question de la qualité de cette information. La culture du scepticisme envers les médias dit traditionnels trouve sur Internet sa meilleure tribune. Incohérence! Internet est grande ouverte à la pire des propagandes: théorie des conspirations, idéologie fasciste, endoctrinement islamiste, etc.

Que dire de ces charlatans narcissiques qui peuvent en glanant à droite et à gauche se créer une apparence de crédibilité sans n’avoir aucune expérience réelle! Les médias se sont faits une réputation dans le temps. Sur Internet, on devient un expert du jour au lendemain.

Ma question est simple, comment établir la crédibilité de l’information publiée via Internet? J’entends par crédible que l’information est appuyée par une réflexion sérieuse, qu’elle s’inspire d’une panoplie de points de vue et qu’elle permet d’éveiller notre conscience, de générer des idées pertinentes à la réalité.

Les médias forment ce 4ème pouvoir, le chien de garde de l’idéal démocratique moderne. Internet nous donne des médias qui ont plus l’allure de caniches que de bergers allemands. Faudrait peut-être se surveiller parce que le jour où la propagande s’organisera autour de combats beaucoup moins sympathiques que la survie du thon rouge pour la pérennité des restos de sushi, ben on va rire comme des carpes!

14 février 2008