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Fouiller

  • 2012 (1)

Archive du janvier, 2008

Je publie ici le commentaire que j’ai laissé sur le blogue de Pierre Côté, suite à son propos concernant l’évolution du marché de la vidéo sur Internet.

Ce que j’aime avec Pierre c’est qu’il pose des questions précises et confronte la réalité de manière pertinente.

Voici les pages à visiter sur le site de Pierre pour mettre mon commentaire dans le bon contexte:

Expérience 01C: Internet Vidéo La suite

Expérience 01E: le processus de vente et l’analyse de la situation de l’industrie de l’Internet-Vidéo.


Salut Pierre,

J’aime beaucoup l’angle que tu prends dans ton analyse. Pour commenter, je dirais que beaucoup de gens vont vendre du vent dans les mois à venir – rien de nouveau sous le soleil d’Internet remarque. Pas nécessairement ceux qui ont la vision juste du marché dont tu parles. Ce qui m’intéresse personnellement, ce n’est tant pas de fermer une vente, mais d’être en position d’en fermer plusieurs. Je m’explique. La démarche de mon propre blogue est de bien cerner ce marché de la vidéo Internet dont tu parles. Mon objectif est de mettre de l’avant ma créativité dans le bon contexte.

Je pèse mes mots, l’innovation ça veut dire être capable de transcender ce qui se fait pour l’amener plus loin. Autrement dit, sans se conformer à de vieux standards mal adaptés aux nouvelles réalités mais aussi sans dédaigner des pratiques éprouvées toujours pertinentes, on invente une nouvelle manière de faire de l’image en mouvement.

Je crois fermement que le talent reste le nœud de la guerre. On vend toujours un produit, et dans l’industrie des communications/publicité/vidéo/cinéma, ce produit c’est le talent de toucher les spectateurs. Toucher au sens large : les émouvoir, les émoustiller, les provoquer, les conforter, bref, de ne pas laisser indifférent. Donc t’auras beau arriver avec le plus beau projet sur papier, si ça ne se traduit pas concrètement par un engouement, tu n’as pas gagné la partie.

Là que ça devient intéressant, et je rejoins ce que tu m’as déjà dit, c’est que le talent en Internet Vidéo se concrétise peut-être dans une seule personne : un producteur-réalisateur-monteur. C’est le rêve de la nouvelle vague, c’est la manière de l’écrivain appliquée à la production. Après tout, c’est ce qui a fait le succès des « Têtes à claques », sans chercher de midi à quatorze heures.

Fermer une vente, ça prend deux choses : du charisme et de l’écoute. Fermer plusieurs ventes, ça prend une vision arrimée avec le temps.

29 janvier 2008

Il fallait y penser: vendre l’environnement comme on vend la bière, en stimulant le bas de la ceinture. J’oserais dire que ça ne pouvait sortir que d’un certain esprit british…

Greensauce est un poste (channel) de la Green.tv qui propose une sélection de clips qui mélangent défense de l’environnement et pensées sensuelles/érotiques.

Pour être franche, c’est plus rigolo qu’émoustillant – et, de mon point de vu, je n’ai rien vu qui endommagerait le cortex cérébral d’un mineur malgré l’avertissement. Certains clips tendent vers une sensualité très assumée. Dans ce genre, c’ai particulièrement apprécié Elements. Je conseille aussi Sticky dans l’humour et Naked Bike Ride dans l’événementiel.

Belle idée, bien réalisée, un concept tout à fait adapté à Internet.

Visiter le site de Greensauce.

27 janvier 2008

Fut un temps où pour voir le meilleur du court métrage, il fallait absolument assister à d’obscures rétrospectives dans un cinéma de répertoire. Sur Internet, les courts métrages s’affichent avec frivolité. Une amie m’a envoyé ce matin via facebook un des meilleurs courts que j’ai vu de ma vie. Voici Spin de Jamin Winans.

21 janvier 2008

Ce que l’Internet vidéo propose ressemble trop souvent à une pâle imitation de ce qui se fait à la télévision. Il n’y a pas de vidéo Internet qui soit carrément originale au médium. Qu’est-ce qu’on attends pour exploser le style, pour inventer une écriture, pour faire de la vraie cybervidéo?

L’industrie de la télévision s’est construite en se démarquant autant de la radio que du cinéma en développant une écriture différente, unique au petit écran. Si elle s’inspire encore de ces deux médiums, son succès reste d’avoir su jouer avec les spécificités du médium télévisuel. Ça nous a donné les grandes séries dramatiques, sitcom, talkshow, quiz, et (plus récemment) show de téléréalité.

L’Internet vidéo est prise dans le carcan d’une vidéo linéaire qui rappelle l’expérience télévisuelle. Quand je vois les Cas Roberge, Tête à Claques, Bob le chef, je me dis que ce n’est pas ça l’Internet vidéo. Sûr, ça fonctionne bien parce qu’il s’agit de courtes capsules dont on facilite la diffusion virale. Cependant, ces concepts sont à 95% télévisuels dans la forme. C’est d’abord pour la télévision que Michel Beaudet a conçu les Têtes à claques, pour ensuite les adapter au web. Aujourd’hui, Christiane Charette recevait en entrevue Bob le chef. Elle lui souhaitait d’avoir son show à la télé bientôt. Comme si un succès Internet, n’était qu’un pas vers la télévision, le saint Graal.

À quand de la vidéo pour Internet non transposable à la télévision, comme on ne pourrait imaginer Rumeur ou Les Guignols de l’info passer en cinémascope?

Bien sûr, la vidéo Internet est jeune. On voit déjà poindre les germes des grands axes de l’Internet vidéo de demain. Un truc beaucoup plus interactif, plus ramifié, très viral. Je vais vous citer deux exemples de ce qui me semble porteur d’avenir pour la vidéo Internet.

D’abord, il y a le phénomène des vlogs. Cette forme de communication vidéo instantanée, permet à des gens charismatiques de rejoindre un public sans intermédiaire médiatique. Prenons l’exemple de Sxephil. Il a une personnalité forte et sait se mettre en scène avec un commentaire satyrique et critique de l’actualité, notamment l’actualité Internet. C’est une sorte de Stephen Colbert du web. Jusqu’ici, on reste dans la référence télévisuelle. Toutefois, on peut très bien envisager l’émergence d’une ribambelle de vloguistes qui se renverraient la balle et maintiendraient une sorte de réseau dynamique. Ça sera l’explosion de petits barons des communications non affiliés à un grand réseau. Une belle anarchie dont les plus habiles sauront tirer profit et qui nous offrira le meilleur comme le pire.

Ensuite, il y a ces réseaux sociaux vidéo. Le site de BlabberMash en est un bel exemple. Des Internautes enregistrent des questions sur vidéo auxquelles répondent par écrit d’autres Internautes. Certainement, il s’agit de jeunes gens légèrement narcissiques qui exposent leur vie privée à des inconnus plutôt voyeurs. Reste que c’est totalement en rupture avec l’expérience télévisuelle linéaire. Ça se construit autour d’une communauté d’Internautes. Ultimement, on peut imaginer l’émergence de communautés vidéos basées sur certaines affinités dont le contenu vidéo servirait une histoire ou un délire (vampire, Star Trek, avant-garde, etc.)

Je vous propose aussi deux articles sur le côté plus interactif que peut prendre l’Internet vidéo, un aspect incontournable de la vidéo Internet de demain quand on pense à l’importance de la culture des jeux vidéo sur Internet:

Internet, comme médium de l’image en mouvement, provoque une énième révolution. Prédire l’avenir est un jeu amusant, mais personne ne sait encore où se trouvent les gros filons de la cybervidéo, mais c’est déjà la ruée. Une certitude, le talent restera le moteur principal des grandes créations cybervidéo à venir. Le talent, l’inspiration et le choix assumé de créer pour Internet d’abord!

17 janvier 2008

Aujourd’hui, je vous propose une vidéo d’animation qui reprend une certaine traction virale. Je l’ai vue récemment se promener sur la page titre de Youtube et dans Facebook. Le Café est une chanson de la formation d’humour/musique française Oldelaf et Monsieur D. La vidéo, elle, est le fruit du travail de deux étudiantes de l’EMCA (Ecole des Métiers du Cinéma d’Animation).

C’est une excellente chanson et un beau travail d’animation qui répond à la gloutonnerie des Internautes capriceux, friands comme moi de vidéo de qualité – non, non, je ne regarde jamais les petits chats (sauf quand ils jouent du piano) ni les filles en bikini (je préfère Joe Dassin qui chante les Dalton…).

Cette vidéo d’apparence inoffensive va me servir à enquêter sur les droits d’auteur, Internet et la vidéo.

Donc voici le topo: Deux étudiantes réalisent une vidéo à partir d’une chanson qu’elles aiment bien. Supposons, comme le générique le laisse entendre, que les auteurs de la chanson cèdent les droits pour la diffusion de la vidéo. Était-il prévu cependant que cette vidéo fasse le tour de l’Internet?

La première vidéo Le Café que je trouve sur Youtube a été mise en ligne par Goldeyeflo. Celui-ci prend soin de tout nous dire des auteurs de la chanson mais esquive la question de l’origine de la vidéo. Marcekev aussi publie le café sur youtube. Encore une fois, il ne mentionne pas sa source. Akapouf est un tantinet plus explicite, en répétant l’information du générique : nom des auteures et production de l’EMCA.

Hamdikhanibal a mis la vidéo en ligne le 30 septembre 2007 et obtenu avec cette vidéo plus de 50 000 visites. Marcekev de son côté a mis la vidéo en ligne 8 jours plus tôt et n’a récolté que 4120 visites. Akapouf, a eu 225 214 visites en mettant ce film en ligne le 4 septembre 2007. Goldeyeflo lui a mis la vidéo en ligne le 22 septembre et a généré plus de 37 000 visites.

Pourquoi Le Café apparaît-il de nouveau sur les sites de réseaux sociaux? Ben faut croire que Hamdikhanibal a su publiciser sa version car c’est elle que j’ai retrouvé sur Facebook.

En fouillant un peu plus loin, je trouve la vidéo sur le profile de pheneuetmeleu. Eurêka! Il s’agit du profil des deux étudiantes de l’EMCA à qui on doit la vidéo Le Café: Emilie Tarascou et Stéphanie Marguerite. Elles ont mis en ligne leur vidéo le 4 septembre 2007 et on obtenu 12,879 visites depuis, soit beaucoup moins que Hamdikhanibal , Akapouf, et Goldeyeflo. Notez que Marcekev fait quand même moins que les deux auteures.

Donc, après cette brève enquête, j’en déduis que pheneuetmeleu, ou plutôt les auteures de la vidéo, se la sont faite piquer. Entre les 12 000 visites qu’elles voient sur leur page et les 225 000 d’Akapouf, il y une énorme différence. Tant que Youtube gagne gros sans rémunérer personne, on n’a pas de quoi s’émouvoir. Reste qu’au moment où une vidéo qui aura une belle traction sera pour le diffuseur garante de revenus publicitaires, les auteurs resteront bouche baie de constater à qui leur oeuvre rapporte.

Visiblement, Akapouf n’est pas un oiseau de proie professionnel. Mais en sachant comment récupérer à son compte les meilleures vidéos d’Internet, n’importe qui peut se bâtir une solide réputation sans n’avoir rien créé du tout. Ceci dit, tant que c’est légal, je tire mon chapeau à tous ces rapaces. Une opportunité reste une opportunité pour qui sait bien s’en servir. Que la cigale cesse d’implorer l’aide la fourmi pendant que le scarabée d’or vend des billets pour son show.

Dans ce cas de la vidéo Le café, personne n’est perdant.

Oldalaf et Monsieur D offrent cette chanson en entrée de leur page web. Il est donc envisageable que le voyage de leur œuvre sur Internet ne les inquiète pas outre mesure. Pourquoi? Peut-être parce que ces artistes ont su se rentabiliser autrement que par la vente de disques, notamment par les spectacles. La visibilité de Le café ne nuira pas à la vente de billets, au contraire.

Emilie Tarascou et Stéphanie Marguerite sont deux jeunes étudiantes fraîchement sorties de l’école. Leur succès Internet est plus une occasion de se réjouir qu’une occasion de s’indigner.

Bref, dans toute cette histoire, personne ne se morfond, personne ne se demande à qui de droit, personne ne paie un sou. Sauf pour sa connexion Internet… Que les fournisseurs Internet ne paient toujours pas de redevance aux artistes qui se font pirater sur Internet n’émeut plus un chat. Tout le monde s’amuse et les Vidéotron et Bell de ce monde encaissent les profits.

Évidemment, les artistes vont finir par s’organiser. Les oiseaux de proie vont s’attaquer à d’autres naïfs de ce monde. Les grosses corporations vont redistribuer leur richesse… quand les normes et lois le prescriront. Ça c’est pour le futur.

En attendant, dans ce beau fouillis s’enracine davantage une culture Internet du « Je prends tout pour acquis, tout est à moi et la culture sur le net c’est gratuit ». Ceux qui pleurent devant une publicité sur leur site préféré et qui lancent les pierres quand on fait du placement de produit, déploreront, la main sur le coeur, la précarité des artistes! Ah, l’incohérence n’a jamais tué un Internaute – sinon on serait tous mort!

16 janvier 2008

Le viral c’est le partage de vidéo entre amis. Pour se faire connaître rapidement via Internet, il faut toujours développer une stratégie virale. La puissance du bouche à oreille est décuplée au centuple dans la cyberculture.

En ce qui concerne mon biais pour des vidéos de qualité, je sélectionne des vidéos virales qui ont un certain style ou qui démontrent la griffe d’un auteur, comme cette excellente vidéo qui surfe sur deux genres…

12 janvier 2008